Une étude australienne publiée hier a démontré que les mères qui accouchent sous péridurale ont plus de risques d'avoir des difficultés d'allaitement dans les tous premiers jours suivant la naissance. Selon les chercheurs, elles sont aussi deux fois plus nombreuses que les autres à arrêter de donner le sein dans les six premiers mois.

L'étude a également révélé qu'en dehors de facteurs spécifiques, 72% des mères qui avaient accouché naturellement allaitaient toujours six mois après la naissance, contre seulement 53% pour les autres. Les chercheurs ont expliqué que les substances contenues dans l'anesthésie pouvaient provoquer une réaction de somnolence chez le bébé, lui occasionnant des difficultés à téter au cours des tout premiers jours suivant sa naissance.

L'annonce des résultats de cette étude sur France Inter m'a interpellée : enfin, sur un média grand public, un des "effets secondaires" négatifs de la péridurale est évoquée. Ce n'est pas si souvent que cela arrive. Evidemment, il n'est pas question de remettre en question la péridurale en elle-même, mais il s'agit de mieux informer les femmes sur ses effets secondaires néfastes (ralentissement des contractions, augmentation des cas d'épisiotomies, de forceps et de césariennes, bébé somnolent avec des difficultés pour têter) afin qu'elle puisse choisir en toute connaissance de cause d'en bénéficier ou pas.

Dans le cas de l'allaitement après une péridurale, mieux informer les femmes et le personnel soignant permettrait également à chacun d'être conscient que les problèmes de succion et de somnolence du bébé né sous péridurale ne sont que temporaires, qu'ils ont une cause précise (qui n'est pas un hypothétique manque de lait ou de motivation pour têter), et que les mères de ces bébés ont besoin d'encore plus de soutien que les autres afin de mener à bien leur allaitement.