Le syndrôme d'alcoolisation foetale touche entre 700 à 2000 enfants chaque année. Responsable de malformations, de retards de croissance et de déficits intellectuel importants dans les cas les plus graves, ce syndrôme est aussi à l'origine de trouble plus discrets, qui ne se repèrent pas dès la naissance tels que des troubles cognitifs et comportementaux.

De plus en plus de femmes sont averties du danger si elles boivent beaucoup et régulièrement, mais le petit verre de vin pendant le repas ou à l'apéritif est toujours considéré comme sans danger. Ce manque d'information est tragique car comme le stipulent Dr Maurice Titran et Laure Gratias dans leur ouvrage A sa santé - Pour une prise de conscience des dangers de l'alcool pendant la grossesse, "toutes les expérimentations animales sont arrivées à la même conclusion : il est impossible d'assurer qu'une consommation, même minime, est absolument sans danger. Ceci ne veut pas dire que toutes consommation est dangereuse, mais qu'elle peut potentiellement l'être. Chaque verre est donc une prise de risque, le risque variant en fonction des paramètres que nous venons de voir (métabolisme de la mère et de l'enfant, mode de consommation, etc.) (...) Les médecins qui connaissent bien les dangers de l'alcoolisation in utero recommandent une abstinence totale pendant neuf mois."

Ils continuent en écrivant qu"'il ne sagit pas pour autant d'être extrémiste ou catastrophique, de faire peur, d'interdire ou de culpabiliser. L'important est plutôt que chaque femme dispose de l'information nécessaire pour ensuite agir en connaissance de cause. Il lui appartient de décider, en conscience, ce qu'elle désire ou non boire. De façon générale, en dehors du problème du syndrôme d'alcoolisation foetale (SAF), chaque grossesse est, en soi, une prise de risque. L'alcool n'est que l'un des dangers qui peuvent menacer le bébé. Il faut donc relativiser les choses et les voir de façon plutôt positive. Dans le cas du SAF, au moins, la femme, par son comportement, fait un choix décisif. Elle a le pouvoir d'empêcher que son enfant souffre de cette pathologie précise. Mais elle ne peut réellement disposer de cette liberté que si elle possède toute les informations utiles."

Espérons donc que cette mesure prise par le gouvernement sera suivie de campagnes d'information auprès des femmes enceinte ainsi qu'auprès des professionnels de santé.

Pour plus d'information, vous pouvez visiter le site de SAFERA, une association d'information sur le SAF.