Enfants à l'hôpital
Par superdidounet le mardi, septembre 5 2006, 09:49 - Santé - Lien permanent
Nous avons déjà parlé de la prise en charge de la douleur chez les enfants. Mais qu'en est-il de la douleur psychologique liée à une hospitalisation ? Certes, depuis 1988, une Charte européenne de l'enfant hospitalisé existe. Néanmoins, le respect de ses grands principes reste très variable d'un service à l'autre.
La Charte européenne de l'enfant hospitalisé stipule par exemple qu'"un enfant hospitalisé a le droit d'avoir ses parents ou leur substitut auprès de lui jour et nuit, quel que soit son âge ou son état. On encouragera les parents à rester auprès de leur enfant et on leur offrira pour cela toutes les facilités matérielles, sans que cela n'entraîne un supplément financier ou une perte de salaire." Mais combien d'enfants sont seuls à l'hôpital ? Dans certains services de pédiatrie, des bébés de quelques mois seulement passent des journées entières sans voir leurs parents. Parfois c'est parce que ceux-ci habitent trop loin, ou parce qu'ils ont d'autres enfants dont ils doivent s'occuper. Mais dans de nombreux services, on fait encore sentir aux parents qu'ils ne sont pas les bienvenus : pas de lit, pas de possibilité de manger sur place. J'ai moi-même passé plus d'une semaine à dormir sur une chaisse à côté du lit de mon enfant de 18 mois, hospitalisé pour une suspicion de méningite.
Cette charte stipule également qu'"on informera les parents sur les règles de vie et les modes de faire propres au service afin qu'ils participent activement aux soins de leur enfant." Or, peu de parents ont le droit de garder leur enfant dans leurs bras pendant les soins, même s'il s'agit d'un nouveau-né. Or, un nouveau-né, au sein de sa mère ou dans les bras de ses parents, est beaucoup plus calme, plus détendu et les soins se passent mieux. De même un parent se sentira plus utile et moins désemparé s'il peut effectuer certains des soins simples à son enfant : le nourrir, le laver, l'habiller, voire lui dispenser des médicaments par voie orale, etc.
Enfin, il est écrit que "leurs visiteurs doivent être acceptés sans limite d'âge." Malheureusement ceci est encore trop peu fréquemment le cas. Une mère de plusieurs enfants dont l'un est à l'hôpital devra souvent laisser celui-ci seul car elle ne peut amener les autres le voir. Ceci vaut également en cas d'hospitalisation de parents de jeunes enfants : un père hospitalisé plusieurs semaines pour une péritonite m'a raconté qu'il n'avait pas pu voir son enfant pendant tout ce temps car les enfants de moins 16 ans n'étaient pas admis dans le service (alors que de nombreux médecins contestent l'argument avancé de l'hygiène). Quel traumatisme pour un jeune enfant d'être ainsi brutalement séparé d'un de ses parents !
De même, il est encore trop peu fréquent pour les parents de pouvoir être présents s'ils le souhaitent lors de l'induction d'anésthésie et du réveil. Même si comme le suggère une étude de la Yale University School of Medecine, cela apaise plus les parents que leurs enfants, cela n'est pas négligeable car l'angoisse d'un parent peut être très importante dans ce genre de situation et se répercuter par la suite sur leur enfant. Un enfant a assez de stress à gérer lors d'une anésthésie pour ne pas avoir à supporter en plus celui de ses parents.
A lire :
Une enquête belge de Test-Santé sur les hôpitaux belges et les enfants
Un article de La Croix sur la place des parents à l'hôpital
Circulaire n° 83-24 du 1er août 1983 relative à l'hospitalisation des enfants (PDF)
Circulaire n° DH/EO3/98/688 du 23 novembre 1998 relative au régime de visite des enfants hospitalisés en pédiatrie
A consulter :
Le site de l'association Sparadrap
Commentaires
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