Les bébés irritables ont plus de risques de développer avec leur mère un attachement de mauvaise qualité (dit "attachement anxieux"). C'est ce qu'a démontré une étude de Dympha Van den Boom [1]. Au départ, il n'y a pas de différence entre les mères des bébés irritables et les autres mères, mais les difficultés rencontrés par les mères de bébés irritables pour calmer ceux-ci et répondre à leurs besoins les amèneraient à être plus distantes et moins sensibles aux signaux de leur enfant, comme pour se protéger de celui-ci.

Mais tout espoir est permis car une étude du même auteur [2] a montré qu'il suffit de proposer aux mères de bébés irritables un soutien, pourtant très peu couteux en temps et en argent, pour que le risque d'un attachement de mauvaise qualité ne soit pas plus important que dans la population normale. Entre les ages de 6 et 9 mois, les mères ont bénéficié de trois entretiens de deux heures chacun, dont le but était de rendre la mère plus attentive aux signaux de son enfant, en abordant tout particulièrement la manière de consoler l'enfant. Une intervention aussi légère que celle-ci permettrait de rendre à la mère la confiance nécessaire à une interaction de qualité avec son enfant.

Ces études datent d'il y a bientôt vingt ans et sont pourtant toujours d'actualité. Quand on sait à quel point un attachement de qualité est important pour un enfant, on s'étonne que ce genre de soutien ne soit pas systématiquement mis en place.

[1] Cité dans Le premier lien : Théorie de l'attachement, de Blaise Pierrehumbert, p.153.
[2] Idem, p.152.