Néanmoins je n'ai jamais considéré les femmes qui ne voulaient pas d'enfant comme des femmes égoïstes. Car avoir un enfant peut être un acte très égoïste. Il l'a été pour moi en tout cas: j'ai fait un enfant parce que j'en avais envie. Qu'est-ce qui est plus égoïste que ça? Le reste, ça vient tout seul, aidé par les hormones et la bonne conscience, si j'ose dire. Lorsque l'enfant est là on donne parce qu'on aime donner à son enfant. On est programmé pour cela, en quelque sorte. Je pense qu'il n'y a pas particulièrement d'altruisme là dedans.

Certes, les femmes ont plus souvent envie d'un enfant que les hommes. Est-ce à cause des hormones ou est-ce à cause de l'image de la femme véhiculée par la société. Nous élevons nos petites filles dans l'idée qu'elles seront mères; elles s'entrainent à coup de poupées et de babysittings. Du coup, c'est difficile de comprendre cette non-envie. Un choix à contre-courant est toujours plus difficile à assumer.

Quant aux raisons, peut-on vraiment généraliser? Il doit exister des tas de raisons pour laquelle une femme ne souhaite pas avoir d'enfants. Je me souviens d'une discussion au cours de laquelle une femme dans ce cas m'avait dit en substance: "Toi tu as envie de réparer ton enfance blessée en faisant mieux que tes parents, moi je n'ai même pas envie d'essayer".

Mais comme l'évoque Isabelle Buot, cela peut aussi provenir d'un désir de "se vouer à une brillante carrière professionnelle", un peu à la manière d'un homme, c'est à dire sans les contraintes qu'amènent indiscutablement le fait d'avoir des enfants. Après tout, de nombreuses femmes choisissent de ne pas avoir de carrière pour ne pas avoir à supporter la culpabilité incessante de la femme qui mène carrière et enfants. Choisir de ne pas avoir d'enfants n'est-elle pas l'autre option?

Je serais intéressée de savoir ce qu'en pensent maintenant les career-women des années 80, qui étaient nombreuses à faire ce choix, surtout aux Etats-Unis. C'est un sujet qui m'interpelle beaucoup.