Qu'est-ce que l'hygiène naturelle? C'est le fait de répondre aux besoins d'élimination des nourrissons comme nous répondons à leurs autres besoins: à la demande et avec respect. Les bébés nous communiquent par des petits signaux lorsqu'ils ont envie de faire pipi ou caca et notre rôle consiste à leur permettre de se soulager autre part que sur eux. Comme avec l'allaitement, au départ les signaux sont un peu flous (il arrive qu'au début d'un allaitement, on propose le sein à un enfant qui n'a en fait pas envie de têter, par exemple) mais avec le temps, le tandem mère/enfant (ou père/enfant) mûrit et la communication devient très claire. L'utilisation de la langue des signes pour les bébés peut d'ailleurs aider les parents dans cette démarche d'une meilleure communication.

La description du concept par Myriam Szeger est à peu près correcte, même si on lit une certaine ironie entre les lignes. En revanche, dans la deuxième partie de l'article, intitulée "Est-ce une méthode facile à appliquer pour les parents?", l'auteur nous livre une réflexion ethnocentriste: "Pour aider un bébé à acquérir le réflexe conditionné d'évacuation dès ses premiers mois (NDLR: ceci n'est pas le but de l'HIN!), il ne suffit pas de guetter ses mimiques pour déceler ses envies, il faut instaurer une communication extrèmement physique. De nombreuses africaines vivent 24h sur 24 avec leur bébé collé sur le ventre ou le dos. Ce 'corps à corps' est tellement fort qu'elles percoivent facilement les signes envoyés par leur enfant. Une Occidentale n'y parviendra pas, car rien dans son environnement, dans sa manière de vivre, ne l'y a préparée à ce type de relation." De nombreuses mères occidentales vivent également très proches de leur enfant, par l'allaitement, le portage et le cododo. Pourquoi une communication "extrèmement physique" ne serait-elle pas à leur portée? Par ailleurs, était-il bien nécéssaire d'employer le terme méprisant de "bébé collé" pour parler des pratiques de portage africaines (qui ne sont certainement pas 24h/24)?

Un peu plus loin, on retrouve le même genre de raisonnement: "Ce type d'apprentissage à la propreté est surtout répandue dans les pays en voie de développement. C'est une abérration de croire qu'on peut transposer une culture à une autre sans en repenser certains points." Pourquoi ne peut-on pas en prendre l'essentiel? Evidemment qu'il faut repenser certains points car nous n'avons pas le même climat ni les mêmes types d'habitation, mais je trouve que c'est justement ce que préconisent les adeptes de cette méthode. On trouve des foules de suggestions pour adapter la méthode sur les listes de discussions internet consacrées à ce thème.

Pire, dans la troisième partie de l'article, intitulée "Y a-t-il des risques pour l'enfant?", l'auteur met la jeune maman en garde, qui "s'imagine créer des liens très forts avec son bébé, alors qu'en réalité elle ne fait que les distendre. Et elle oublie sa propre relation avec son tout petit, la vraie, celle qui se crée entre ces deux êtres" (NDLR: au bout de 8 lectures, je n'ai toujours pas compris exactement ce qu'elle veut dire par là... Justement, l'HIN fait partie d'une relation de communication et de respect très proche entre un bébé et sa maman!). Puis, elle menace de graves séquelles pour l'enfant, qui lui, "se retrouve pris dans la spirale d'un apprentissage forcé qui va se faire au mépris de son développement psychologique et moteur. D'ailleurs, il pourrait même en garder des séquelles assez importantes, comme des névroses obsessionnelles ou encore de la paranoïa." Veut-elle parler des enfants des pays en voie de développement dans lesquels ce type d'apprentissage de la propreté est répandu? Là encore, le concept a dû être mal compris ou interprêté car l'HIN est au contraire axée sur l'écoute des besoins effectifs et du respect du développement psychologique et moteur de l'enfant.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l'HIN et vous faire votre propre opinion, je vous conseille le super petit livre de Sandrine Monrocher-Zaffarano, L'hygiène naturelle de l'enfant : La vie sans couches. Pour 4,90€ seulement vous aurez une super introduction au concept.
Vous pouvez aussi en savoir plus sur Myriam Szejer avec une petite recherche sur google ou en consultant le site de l'association dont elle est présidente, la Cause des bébés.